Louis Aragon (1897 - 1982) -

Chanson du siège de La Rochelle

Nos soldats à la Rochelle
N'on ni veste ni souliers.
Que vouliez-vous donc la belle ?
Qu'est-ce donc que vous vouliez ?
Des canons par centaines,
Des fusils par milliers,
Des canons, des fusils par milliers.

Dites-moi comment s'appelle
Ce jeu-là que vous jouiez ;
On dirait une marelle.
Quel jeu, quel jeu singulier !
Des canons par centaines,
Des fusils par milliers,
Des canons, des fusils par milliers.

La guerre Mademoiselle
Est le jeu que vou disiez.
Il se joue avec des ailes,
Il se joue à cloche-pied.
Des canons par centaines,
Des fusils par milliers,
Des canons, des fusils par milliers.

Pour pousser la pierre au ciel
il faut tenir le dernier.
La guerre est un jeu cruel.
Il s'agit de la gagner.
Des canons par centaines,
Des fusils par milliers,
Des canons, des fusils par milliers.

Mes pauvres enfants, dit-elle,
Mes beaux, mes beaux canonniers !
Elle en perd sa ritournelle
Si triste qu'elle s'assied.
Des canons par centaines,
Des fusils par milliers,
Des canons, des fusils par milliers.

Mon coeur , mon coeur en chancelle.
je n'ai rien dans mon panier.
je n'ai rien dans ma nacelle,
je vais voir dans mon grenier.
Des canons par centaines,
Des fusils par milliers,
Des canons, des fusils par milliers.

Que vouliez-vous donc la belle ?
Qu'est-ce donc que vous vouliez ?
Nos soldats à la Rochelle
N'on ni veste ni souliers.
Des canons par centaines,
Des fusils par milliers,
Des canons, des fusils par milliers.

Des canons, des fusils par milliers.
Des canons, des fusils par milliers.





Infos du livre audio - extrait de l'Album: De L'Innocence Du Poème à La Chanson , chanté par Jacques Douai